Donnerstag, 10. Februar 2011

LES GENS DE BIRMANIE PART 2: Chan May Htwe, Hla Hla Nwe et Moe Moe


Saviez-vous qu‘il n‘y a pas qu‘une seule princesse Cendrillon, mais trois !?

Qu‘elles ne sont pas blondes, qu‘elles n‘ont pas les yeux bleus ni un teint d‘ivoire aux joues roses !?

Au contraire ; elles ont la peau caramel, de longs cheveux couleur de jais, un regard noir et profond qui vous saisit, et qui ne laisse aucun doute sur le parcours difficile de leur vies.

Elles se prénomment Chan May Htwe, Hla Hla Nwe et Moe Moe. Elles ont à peine 16 ans.


Nous les avons rencontrées à Nyangshwe, un petit village au bord du beau lac Inle. C‘est elles, ces trois jeunes princesses ignorées, qui cuisinent, servent le petit-déjeuner, nettoient les chambres, font la lessive, repassent, balaient, veillent sur la petite fille de 2 ans des propriétaires et prennent grand soin du jardin comme des touristes de l‘hôtel, dont nous faisions partie.

Dès 6 heures du matin, jusqu‘à 11 heures du soir, elles s‘activent, toujours avec le sourire et une gentillesse sans pareille.

Alors qu‘elles travaillent en permanence, ce sont elles qui m‘ont couverte de cadeaux, par de belles orchidées, des dessins, un lungyi (=sarong), des avocats, car elles ont remarqué que j‘aime tellement ça, des sourires emplis de tendresse et des regards d‘une amitié complice qui m‘ont bouleversée.


Hla Hla Nwe avec Lay Rong

J‘ai eu soudain très envie de les aimer comme mes amies, de les aider comme des soeurs, de les protéger comme mes filles.

Le matin de notre départ, la tristesse s‘est déployée comme un voile sur nos coeurs. Nous leur avons donné à chacune 4000kyats (5CHF), enroulés dans un petit dessin qui représentait leurs prénoms. Tout d‘abord étonnées de recevoir un petit cadeau, même minuscule, elles sont allées découvrir leur présent dans l‘ombre de la cuisine, à l‘abri des regards, gênées par ce geste.

C‘est alors qu‘une minute après, elles me sont revenues, mes princesses, en larmes, en proie à des sanglots incontrôlables, me répétant sans cesse „thank you“ !

Complètement désemparée, je n‘ai pu que les serrer dans mes bras, essayant en vain de leur expliquer que c‘était à moi, de leur dire „merci“.

Des larmes jusque dans le cou, elles sont reparties à leurs tâches, et moi de rester, assommée, le coeur sens dessus dessous, dans ce magnifique jardin fleuri, à entrevoir la misère de ce monde et les entendre pleurer, alors qu‘elles nettoyaient la chambre que nous venions de quitter.


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